Tryo : discographie et liens Internet

Tryo Indépendance, liberté et musique

Loin de la Jamaïque, la France n'a pourtant pas à rougir de sa production Reggae. Alpha Blondy, Pierpoljak, Sinsemilia, Yannick Noah, et Tryo, pour ne citer que ceux-là, sont les portes-paroles dans l'Hexagone de cette musique de paix et de joie. Parmi eux, Tryo sort depuis peu son épingle du jeu. Sans pub ni stratégie marketing, les cinq amis sont parvenus à fédérer la jeunesse française autour des thèmes qui leur sont les plus chers : l'anti-mondialisation, la fraternité, la légalisation du cannabis, la révolte contre le pouvoir et l'argent, l'écologie. Avec des mots simples et une musique festive, Tryo mène son combat, sans arme et sans violence.

Tryo, groupe de
Tryo, reggae "akoustik" (photo : site officiel)
Naissance d'un groupe

Tryo est né d'une histoire d'amitié. Alors que Num (Manu) et Guizmo (Cyril) s'essayent à la musique au sein de la formation M'Panada, ils font la connaissance en 1995 de Mali (Christophe) lors d'un concert à la MJC de Fresnes, près de Paris. Le trio prend conscience de ses capacités artistiques lors d'un séjour dans les Pyrénées. Autour d'un feu de camp, les amitiés se font et les premières chansons grattées à la guitare encouragent les trois amis à aller plus loin. De retour à Paris, ils commencent une interminable tournée des bars et des petites salles de concerts, plus particulièrement en Bretagne, où les infrastructures sont plus accueillantes. Pendant deux années, et rejoint en 1996 par Danito (Daniel) et Bibou (Sébastien), Tryo acquiert une véritable expérience de scène, étoffant par là même un vaste répertoire.

Leur musique dite de « Reggae acoustique » met judicieusement en scène des paroles révoltées et ironiques. L'argent roi, la misère, la pollution, la corruption, la mondialisation, sont leurs thèmes de prédilection et ceux d'une jeunesse en manque d'idéaux. Ainsi ne tardent-t-ils pas à jouir d'une certaine renommée, sans avoir mis en place de véritable stratégie publicitaire. Le bouche-à-oreille est leur meilleure arme et s'avère extrêmement efficace !

Le début du succès

Devant la demande croissante, et malgré leur méfiance absolue à l'égard de l'industrie du disque, Tryo sort début 1998 un premier disque auto produit, Mamagubida (reprenant les premières syllabes de leurs prénoms), enregistré en « live » en Bretagne et à Fresnes. Les ventes dépassent alors les 15000 exemplaires (aujourd'hui, cet opus a dépassé la barre des 400 000 ventes) ! Ils reçoivent même le Grand Prix de la Ville de Paris 1998. Après de nombreuses hésitations, ils finissent par signer leur premier contrat chez Yelen, filiale de Sony. Pour rester libres, les cinq musiciens exigent de leur employeur des clauses particulières, leur permettant de maîtriser leur image et d'éviter toute manipulation.

Leur deuxième album, Faut qu'ils s'activent, sort en 2000 et bénéficie des retombées médiatiques du premier. Les tournées continuent, et mènent Tryo jusqu'au Canada ou au Soudan. Grain de sable, sorti en 2003, sonne la consécration du groupe. Salué comme révélation musicale par toute la presse, l'album aborde avec colère les révoltes actuelles : G8 (sur la mondialisation) ou Sortez-les marquent le ton de l'ouvrage, un ton qui n'est pas sans rappeler celui des Zebda ou Massilia Sound System. Entre temps, les cinq musiciens créent leur propre maison de disques, Salut Ô Production, afin d'aider les jeunes artistes à développer leur talent. Une initiative appréciée qui débouche sur la découverte de La Rue Ketanou en 2002.

Un avenir prometteur

OVNI singulier de la scène actuelle française, Tryo a gagné son pari : celui de vivre de sa musique sans jamais céder le moindre centimètre de terrain à ses ennemis que sont les maisons de disques, les médias complaisants, ou la manipulation politique. Avec simplicité, ils véhiculent leur rage de vivre et réunissent autour de leur « reggae akoustik » toute une frange de la population révoltée.

 
 
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